La pression que les réseaux sociaux nous mettent


Je considère Internet et les réseaux sociaux comme un super outil de partage et d'échanges. Mais il est évident (de plus en plus de témoignages le prouvent) qu'il peuvent également avoir un impact négatif. Qu'est-ce qui se cache derrière toutes ses belles images ?
Il y a quelques temps j’ai rapidement parlé d’une expérience que j’ai avec Berkeim sur Instagram et j’ai été surprise par les réactions. Beaucoup m’ont exprimé leur soulagement de lire qu’une cavalière/blogueuse/youtubeuse (rayez les mentions inutiles) pouvait galérer avec son cheval. Du coup, parlons de ce qu’on voit sur les réseaux et de comment ça peut nous impacter dans notre rapport au cheval ou dans notre rapport à nous-même.

Mon évolution avec Berkeim

J'ai Berkeim depuis plus de 15 ans et c'est un cheval qui était assez compliqué au début. Enfin, notre communication était compliquée, probablement parce que je n'avais pas l'expérience ou le recul nécessaire. J'avais du mal à identifier ses peurs, à comprendre ses réactions et donc à travailler dessus. Ce que j'ai compris avec le temps c'est que Berkeim est un cheval très peu sur de lui, qui réagira dans l'émotion sans réfléchir. C'est ça qui peut faire qu'on le rangera dans la case "cheval compliqué". En apprenant à le connaître mais aussi (surtout ?) en me formant j'ai appris à gérer cette facette de sa personnalité. Maintenant il est beaucoup plus zen avec moi, il est plus à l'écoute et détendu mais ça n'étais pas le cas il y a encore quelques années.

Berkeim en balade à pied, seul avec moi : un petit exploit !

Ce qu'on partage sur les réseaux

Le problème avec les réseaux sociaux c'est que tout le monde montre du beau, du merveilleux, du pimpant. C'est humain de vouloir mettre en avant ses réussites plutôt que ses échecs mais il est aussi humain de se comparer et c'est là que le bât blesse. En effet, dans mon cas j'étais complétement incapable de sortir mon cheval de son champs sans sortir un second cheval parce que Berkeim montait en pression et paniquait, ça n'était agréable pour personne. Entre remise en question et sentiment de d'incapacité (voire d'imposteur) évidemment je n'en parlait pas sur les réseau.
Çà c'était moi avant.

Maintenant j'ai appris à prendre du recul, à montrer les vraies facette de la vie de proprio qui n'est vraiment pas toujours toute rose ! J'ai appris à partager mes échecs et mes points de blocage parce que les modèles parfaits ne sont que de la poudre aux yeux. Je préfère désormais vous montrer la réalité et vous parler librement de mes lacunes déjà parce que c'est une démarche plus honnête mais aussi parce que je veux que mes lecteur·rice·s/abonné·e·s ne se sentent pas mal en me suivant.

Ce que les réseaux nous renvoient

Je vais continuer à parler de mon cas (parce que c'est ce que je connais le mieux) en vous racontant une petite anecdote. Berkeim a 30 ans et pourtant il est toujours compliqué de lui appliquer des produits en spray. On a pas mal travaillé là-dessus cet été et j'ai partagé plein de petites vidéos sur Instagram et j'ai publié une vidéo sur ma chaîne Youtube pour vous montrer comment ça se passait. J'ai eu plusieurs remarques (désobligeantes et non constructives) me disant grosso modo que :
un cheval de son âge devrait être éduqué et se laisser faire !



Si je vous livre cette histoire, c'est pour mettre en lumière un fait assez marquant : les réseaux sociaux sont durs. Non, plus précisément les gens se permettent des jugements durs par le biais des réseaux sociaux. Dans le monde du cheval on a une atmosphère globalement sévère, on nous juge sans arrêt mais le numérique permet à certain·e·s de faire tomber les dernières barrières qui restaient et de vous envoyer en pleine face vos échecs. Comme si vous n'en aviez pas déjà conscience ! Alors je comprends que beaucoup ne montrent que les réussites et occultent le reste.

Le chemin parcouru plutôt que la finalité

Avec les chevaux on a tendance à jalouser ou à envier les réalisations d'autres cavalier·ère·s, plus expérimenté·e·s ou plus aboutis dans leurs relations. J'ai choisi de donner de l'importance aux efforts, au travail et au chemin parcouru plutôt qu'aux réalisations et aux aboutissements buts.
C'est donc ce que je décide aussi de mettre en avant parce que tou·te·s les cavalier·ère·s ont des instants de doutes, des moments ou rien ne va et ou le travail n'évolue plus et c'est normal ! Je crois que si on est plus nombreux à en parler, ça aidera les autres à se déculpabiliser parce que quand on stagne avec un cheval on a vite tendance à se sentir nul·le et à se démotiver. Je veux seulement vous encourager à persévérer, rappelez vous qu'on travaille avec des animaux vivants qui ont leurs propres émotions, leurs propres peurs et qu'il faut composer avec.

Profiter de son cheval loin des considérations numérique reste la meilleure chose à faire

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