Lacher prise - Avoir un cheval quand on est jeune

By Audrey - 27.4.16


Aujourd’hui j’ai décidé de rédiger un article un peu particulier puisque j’ai envie (ou besoin) de parler de ce que je ressens en tant que cavalière, en tant que propriétaire, en tant qu’étudiante.

J’ai eu la chance d’avoir mon cheval très tôt, chance rendue possible par le fait que mon père est agriculteur et que ma famille possède des terres. Les chevaux ont donc été accueillis à la maison. Je devais avoir une dizaine d’années quand le premier équidé s’est installé dans nos champs. 
La première à s'être installé chez nous
Berkeim est arrivé quelques années après, au final on a eu jusqu’à 6 chevaux et poneys. Avec mes sœurs et l’aide de nos parents on s’occupait de l’entretien des parcs (clôtures, broyages, installation de points d’eau, etc.). Puis j’ai dû quitter la maison pour les études. Au début je revenais tous les weekends et j’avais du temps pour m’occuper de mes chevaux mais peu à peu, j’ai eu plus de travail, j’ai dû déménager plus loin… Quand on entre dans les études supérieures, on ne sait jamais où on sera ni pour combien de temps. J’ai mal vécu cette situation. J’ai eu l’impression que mon cheval n’était plus mon cheval, j’ai eu des réflexions désagréables, voire méchantes de la part de mes sœurs (que je ne blâme pas). Aujourd’hui mon cheval vieilli, il perd en musculature très vite et se muscle plus lentement qu’avant. Quand je le vois j’en profite à fond, je ne monte pas forcément mais je passe le plus de temps possible avec lui. J’ai déjà songé à le déménager, à le rapprocher de moi mais il vit avec son petit troupeau depuis 10 ans et avec Paloma depuis presque toujours, il a ses habitudes, il vit dans de grands champs, en troupeau. Ne serait-ce pas égoïste de ma part de le déplacer ? De le séparer de ses congénères ? Et pour lui proposer un environnement de moins bonne qualité…

Je ne rédige pas ça pour me plaindre, je ne veux pas votre avis. Je veux simplement faire comprendre par ses quelques lignes qu’avoir un cheval est une chance, j’ai passé des moments inoubliables avec, c’est certain. Mais avoir un cheval trop tôt implique forcément des sacrifices. Je ne sais pas si j’ai fait si je fais les bons choix pour mon cheval mais j’essaye de lui offrir ce qui est le mieux pour lui. Je refuse de le déplacer pour l’enfermer dans un box ou un paddock, je refuse de le séparer de ses copines avec qui il a de fortes affinités. Je le vois peu et ça me fait mal : est-ce le bon choix ? Je ne sais pas et je n’aurai jamais la réponse. Il m’arrive souvent de remettre mes décisions passées en question, de me demander si j’aurai pu mieux agir mais il est impossible de revenir en arrière. Je vis avec ces choix et j’essaye de prendre les meilleures décisions pour le futur.

Beaucoup de jeunes cavaliers-ères m’envient et, quand je leur conseille d’attendre avant d’acheter un cheval, on me répond que :
« c’est facile à dire pour toi, qui es propriétaire »

Oui c’est facile à dire, c’est facile parce que l’expérience parle, parce que je sais ce que ça implique. Je sais que ça entraînera des décisions difficiles, que ça pourra représenter un frein, que le cheval en pâtira potentiellement. Donc quand je conseille à ces personnes d’attendre, de terminer les études et d’avoir un emploi (un minimum stable) avant de se lancer dans cette grande aventure, c’est fondé et c’est un conseil bienveillant. 

Old good memories
Je remercie mes parents de m'avoir donnée la chance d'avoir mon cheval et mes sœurs de s'occuper de lui (d'eux) quand je ne suis pas là.

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5 commentaires

  1. J'aime beaucoup tes articles "réflexions", ils font toujours réfléchir... Et pour le coup je suis un peu dans le même cas que toi : proprio à 15 ans, et cette année je suis partie pour mes études, du coup je ne la vois que les week-ends et les vacances... C'est vrai que attendre d'être "stable" peut vraiment être mieux, mais en même temps je me dis que l'on a vraiment vécu de belles choses, et que c'était une vraie chance de pouvoir vivre tout ça en étant si jeune. Donc personnellement je ne regrette pas, tant que bien sûr, ma jument ne pâtit pas des choix que j'ai pu faire. Si par contre elle avait du aller vivre en box...etc, là oui, je m'en serai clairement voulut, car ce n'est pas ce que je veux pour elle(s) !
    Après je me dis que si mes parents n'étaient pas là pour me suivre, et pour s'occuper d'elles quand je ne suis pas là, oui ça aurait été dur. Donc il vaut mieux être accompagné quand on est jeune propriétaire ! :)

    Et il ne faut pas que tu t'en veuilles ou regrettes tes choix, tu es une des propriétaires les plus consciencieuse et attentives à son cheval que je connaisse ! ♥

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    1. Haha ! C'est le but :)
      Je suis toujours en train de me retourner le cerveau, de remettre mes choix en question parce que c'est pas toujours facile à gérer et que le bien être d'un animal dépend des choix que je prends. C'est pour ça que c'est compliqué d'être proprio quand on est jeune si personne n'est derrière pour guider.
      Comme toi je ne regrette pas et j'ai passé de supers années avec mon gros mais je crois que je suis trop nostalgique ^^

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  2. N'ayant jamais eu vocation à faire des études, avoir eu ma première pour mes 13 ans ne fut pas un handicap pour moi. Mais c'est vrai que souvent, si on veut aller plus loin dans les études ça se complique ..

    Je pense que d'avoir préféré laisser ton loulou chez toi auprès de ses copains est la meilleure solution. La moins égoïste. J'avais prévu de partir un an à 3h de chez moi pour du travail, j'ai pu emmener mes deux jeunes juments mais j'avais laissé mes vieux à la maison aux soins de mon père .. & ça a été dur, l'impression de les abandonner parce qu'ils sont vieux alors que de leur côté, pas sûre que ça les ai bien perturbé ! Au final je suis revenue au bout d'un mois & demi..

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    1. Je te comprends complètement ! C'est cette sensation d'abandon que je ressens parfois. Comme tu le dis si bien, les chevaux ne ressentent certainement pas la même chose et je pense même qu'ils s'en fichent qu'on soit juste à côté ou pas du moment où ils ont tout ce qui leur faut. C'est sur que c'est quelque chose d'assez difficile à vivre.

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  3. J'avoue que comme toute cavalière montant depuis longtemps, je rêve d'avoir mon propre cheval, et que comme toute petite fille, j'ai très longtemps tanné mes parents pour qu'ils m’achètent un poney, sauf qu'ils n'ont jamais cédé, et je leur en remercie ! Quand on est jeune, encore au collège ou au lycée, on a du mal à se rendre compte du temps qu'il faut pour un cheval, et du temps qu'il faut pour nos études, qui ne sont pas forcément compatibles. Je trouve ça désolant le nombre de chevaux et de poneys qui sont vendu car leur propriétaires ne peuvent plus s'en occuper à cause de ça... Ou pire, ceux qui ont eu un poney étant encore en primaire ou au collège, et qui vendent parce qu'ils ne peuvent plus le monter car ils sont devenus trop grand !
    Alors je garde mon rêve de devenir un jour propriétaire, mais j'attend d'avoir finie mes études, trouvé un logement et un travail, plus évidement l'argent nécessaire pour l'entretien journalier, tout en me faisant du mal à regarder les annonces de vente x)

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